Le projet Veda ?
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deSPIRIA sur DreamCast
deSPIRIA
- Auteur du test : ADK
- Proposé le dimanche 13 juillet 2008
- Modifié le lundi 14 juillet 2008
- Éditeur : Atlus
- Année : 2000
- Genre : Role Playing Game (RPG)
- Nombre de joueurs : 1
- Note du testeur : /10
- Note générale : 9/10
Test de deSPIRIA
deSPIRIA célèbre le cyberpunk et la folie avec la même perfection. En l'an 2070, la 3ème guerre mondiale a fait des ravages forcément hallucinants, notamment à cause d'une violente arme biochimique appelée [RX], utilisée par un mec fou qui souhaitait tout détruire et se détruire lui-même. Il ne s'était même pas intéressé à découvrir un antipoison pour se désintoxiquer. "Rien à foutre", qu'il disait. Le monde entre ainsi dans the time of great darkness, où l'espoir n'existe plus. Ceux qui ont échappé au désastre se sont regroupés, mais l'existence de la race humaine est déjà perdue ; les survivants sont bouffés par des anomalies génétiques qui les font mourir les uns après les autres, conséquences du virus.
Vous jouez Allure Valentine, jeune fille de 18 ans membre de l'organisation Church (l'Église quoi) qui développe un antipoison pour sauver ce qu'il reste de la race humaine. C'est une organisation qui récupère des personnes abandonnées, mais qui combat aussi les fanatiques du [RX] qui veulent encore tout détruire, membres de l'organisation Heresy. L'histoire d'Allure est liée à cette organisation. Née dans la Church et abandonnée ensuite, elle grandit en donnant de l'amour désespéré à des hommes abandonnés comme des larves et bouffés par le poison. Sa génétique légèrement modifiée par le [RX] lui offre un pouvoir unique qui lui permet de voir dans les pensées des organismes vivants. Elle devient un assassin qui agit contre Heresy pour le compte de la Church. C'est alors qu'en pleine mission, le train dans lequel elle était et qui devait débarquer à New Tokyo s'écrase dans une cave croupie et rouillée.
Et voici le début du jeu, avec ce premier niveau impitoyable qui éclabousse littéralement au visage du joueur. Jamais je n'ai fait un premier niveau aussi fou, aussi recherché, avec une ambiance tant éprouvante que stupéfiante. Le gore est élevé au rang d'art quand on est pétrifié non pas par les litres de sang, l'immondice, ou les mecs empalés sur des tubes empoisonnés, mais par l'ambiance plus terrifiante et repoussante que jamais. Le dégoût interactif, l'invention véritable de deSPIRIA avec ce premier niveau jouissif comme une bouteille de Coca. Dommage que le deuxième niveau se passe dans la ville et qu'il soit à la limite du fatigant, mais ouf !, le délire réapparaît lors des niveaux suivants pour une fin à la limite du supportable, et donc totalement impressionnante.
deSPIRIA est un jeu d'aventure en vue subjective avec un système de direction largement emprunté à des jeux comme "Myst" ou "Riven". Le jeu a un côté survival horror teinté d'aventure et de recherche, d'autant plus que le jeu est assez difficile pour un non-japonisant et que les allers-retours entre les endroits sont nécessaires pour trouver de nouveaux indices/outils/personnages et avancer dans le niveau. De surcroît, Allure devra utiliser son don de voyance et lire ou découvrir le passé dans l'esprit de certains personnages. Ce système appelé Mind dive (littéralement : la plongée dans l’esprit) peut être à double tranchant pour Allure, lui permettant d'avancer dans sa quête, mais provoquant également chez elle un délire et un manque ; elle est en effet dépendante d'une espèce de drogue qu'elle devra s'injecter plusieurs fois pour continuer à utiliser son don. Mais chacune de ses prises l'emmènera de plus en plus dans un monde où son inconscient prendra le dessus sur le reste, et où elle explorera les confins de son esprit.
L’animation est excellente. Ce système permet ainsi de proposer au joueur des décors plats énormément travaillés et photo-réalistes. Et c'est la même norme graphique avec les personnages, en 2d mais texturés avec un effet 3d qui les rend presque vivants, mais toujours dérangeants. En effet, vous aurez compris que tout l'intérêt du jeu est son ambiance particulière, où tout est fait pour que le joueur se sente perdu et ne fasse confiance à personne.
Les sons ne sont pas en reste et on entend constamment des personnes crier ou des monstres arriver au loin, si bien qu'on se retrouve souvent à sursauter lorsqu'un personnage apparaît. Pour accentuer cette ambiance, le jeu ne propose pas de véritable mélodie, mais seulement des toiles sonores qui réagissent suivant la situation pour décupler l'épouvante.
La jouabilité ne pose aucun souci. En effet, ici on ne déplace pas un personnage dans un décor en 2 ou 3 dimensions, mais on avance plutôt d'image en image, avec sur chacune différents choix de directions ainsi qu'une rotation possible de 360°. Lors d’un affrontement, on utilise les menus classiques comme dans tous les RPG (attaque, magie, etc…).
Comme je viens de le dire, deSPRIA est avant tout un RPG, et les combats aléatoires au tour-à-tour seront également fréquents. Ils se déroulent en vue subjective contre un ennemi toujours effrayant et à l'effet 'poupée en plastique' extrêmement déroutant. Allure utilise son esprit pour détruire l’âme de son adversaire.
Le jeu utilise le même type de schéma trouvé dans la plupart des RPG, avec une petite exception. Au lieu du feu, de l'eau, du vent et de la terre, deSPIRIA utilise des éléments de l'esprit : l'amour, la mort, la malédiction, et absolue. Chaque élément est soit plus faible soit plus fort qu'un autre, à l'exception d’absolue, qui les domine tous.
Allure, ainsi que chaque ennemi, a la possibilité d'utiliser un système appelé littéralement le Mind battle. Cela permet au personnage d'utiliser 2 petites bestioles, représentant ses émotions, une de chaque côté de lui, qui combattront comme des personnages avec leurs magies et leurs attaques personnalisées. Ces minds ont de nombreuses utilités : elles peuvent être sacrifiées sur l'ennemi ou échangées en plein combat avec une autre mind que possède le personnage.
Les ennemis utilisent des pouvoirs semblables. Les attaques sont des représentations de souvenirs. L'esprit a des capacités différentes, et vous pouvez choisir quelle capacité à utiliser par le biais de commandes de menu.
Assez tôt dans le jeu, Allure aura accès à une base lui permettant de modifier ses minds via des petites seringues contenant de la drogue, et ainsi de découvrir de nouvelles émotions utilisables en combat. Ce système est très complet et permet notamment d'effectuer des fusions, ou de créer soi-même ses émotions grâce à divers items, ou en prenant des petits bouts d'émotions déjà connues pour en réaliser une toute nouvelle. C'est un système immense et c'est la base des combats dans deSPIRIA. Vous n’utiliserez aucune arme car il s’agit de véritables combats psychologiques, où Allure doit utiliser la mémoire résiduelle et les émotions de ses adversaires pour les terrasser.
deSPIRIA n'a pas de réel défaut, tout est judicieusement choisi dans ce jeu, mais il est très probable que de nombreux joueurs n'accrochent pas. De plus, les nombreux dialogues et indications à l'écran le rendront difficilement compréhensible à qui ne maîtrise pas la langue japonaise. C'est en tout cas l'un des meilleurs jeux du genre Survival Horror/RPG avec Parasite Eve. Si vous aimez un tant soit peu le gore intelligent et l'ambiance cyberpunk en général, je vous le recommande chaudement, et sa durée de vie est raisonnable (15 heures environ).
GRAPHISMES : 19/20
ANIMATION : 18/20
SON : 16/20
MANIABILITÉ : 18/20
NOTE FINALE : 18/20
Notes et commentaires des joueurs
deSPIRIA n'a pas encore été noté. Pourquoi ne pas être le premier à le faire ?


