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God of War II sur PlayStation 2
God of War II
- Auteur du test : Kenseiden
- Proposé le samedi 1 mars 2008
- Modifié le dimanche 2 mars 2008
- Éditeur : Sony
- Année : 2007
- Genre : Beat them all
- Nombre de joueurs : 1
- Note du testeur : /10
- Note générale : 9.5/10
Test de God of War II
Retour sur la fin de l’épisode one : Kratos, le guerrier maudit, a vaincu Arès en combat singulier, et est donc devenu de fait le nouveau dieu de la guerre, malgré le vif déplaisir des autres divinités. En dieu consciencieux qu’il est, Kratos se met immédiatement à l’ouvrage, inspirant à ses protégés spartiates le désir et les moyens de mettre la Grèce à feu et à sang. Loin de rester assis sur son trône d’airain à jouir du spectacle, Kratos aime mettre la main à la pâte, en descendant en personne sur le champ de bataille pour aider ses adorateurs. Inutile de vous préciser qu’un psychopathe sanguinaire de 80 mètres de haut lâché sur une cité est un spectacle que les rares survivants n’oublient jamais ! Mais à Rhodes, son destin va basculer une fois de plus. Inquiet du pouvoir grandissant du nouveau membre du club Olympien, Zeus prend la décision de se débarrasser de lui. Ayant fait miroiter à Kratos les promesses de toute-puissance d’une épée surnommée la «lame de l’Olympe», le maître des dieux en profite pour lui ôter tous ses pouvoirs divins. Kratos régresse à la condition de mortel et Zeus en profite pour retourner l’arme contre lui. Laissant son adversaire mortellement blessé sur le champ de bataille, Zeus retourne sur l’Olympe, persuadé d’avoir réglé son compte à l’importun. Une très mauvaise idée pour qui connaît un tant soi peu Kratos : plus pugnace qu’un cancrelat d’Hiroshima, le terrible guerrier survit à ses blessures. Et comme il est d’un naturel revanchard, il jure solennellement à cet instant de détruire l’Olympe et tous ses résidents. Comprenant néanmoins qu’il serait suicidaire d’attaquer le domaine des dieux ouvertement, Kratos se met en route vers l’île du destin afin d’y quérir l’aide des trois sœurs du destin, les Moires (également appelées «Parques» par les latinistes) Lachésis, Atropos et Clotho. Ces trois entités ont pour mission d’organiser la destinée de toutes les créatures vivantes en tissant, filant et tranchant implacablement le fil des existences. Elles sont donc les seules à détenir le pouvoir de permettre à Kratos de modifier son propre destin, en l’autorisant à revenir dans le passé, avant la traîtrise de Zeus. Et si d’aventure, elles se refusaient à transgresser leur loi sacrée… Kratos a déjà des dizaines de moyens de pression à l’esprit (des moyens de pression qui ont souvent un lien direct avec des objets tranchants, contondants et qui font souffrir).
A tous points de vue, God of War II est la suite directe et le digne héritier de son illustre prédécesseur, aussi le gameplay n’a-t-il fait l’objet que d’aménagements superficiels. En l’espèce, ce n’est absolument pas un reproche tant le premier opus était déjà dosé à la perfection : difficile de faire mieux que ce mélange d’action brutale, d’acrobaties diverses et de séquences nécessitant un minimum de réflexion. Pour l’action et les plates-formes, je vous renvoie au test réalisé par Zébu dans ces colonnes. Sachez simplement que de ce point de vue, God of War II n’a rien à envier à son prédécesseur : on ne saurait dire ce qui impressionne le plus dans les centaines de duels sanglants que Kratos aura à mener : la démesure de l’action ou sa violence gratuite presque dérangeante. Même si elle n’apporte aucune nouveauté de fond, cette facette de God of War II est une fois de plus à couper le souffle, rien de moins. Quant à la partie plates-formes, elle demeure anecdotique dans cet ouragan de sauvagerie mais permet de souffler un peu entre deux massacres. Seules les énigmes et autres séquences de réflexion me semblent avoir fait l’objet de davantage de soins. Moins centrées sur de classiques manipulations de levier et déplacements de blocs, elle s’inscrivent de manière cohérente dans le contexte des différentes zones. Un bon exemple est le niveau se déroulant à l’intérieur du corps du titan Atlas. Pour pénétrer dans des galeries étroites, il faudra songer à frapper violemment les veines qui saillent le long des «murs», ce qui provoquera la dilatation des tissus environnants et la libération du passage convoité.
Les pouvoirs magiques, qu’on obtient au fur et à mesure de la progression, sont toujours au nombre de quatre et n’ont eux aussi évolué qu’en surface : la foudre a été remplacée par un arc tirant des flèches de vent, la sphère d’électricité s’appelle «Courroux de Chronos» au lieu de «Colère de Poséidon », la tête pétrifiante de la Gorgone est à nouveau de la partie et Kratos peut également produire de micro-séismes avec le pouvoir offert par le titan Atlas. Durant la majeure partie de l’aventure, Kratos combattra avec les lames d’Athéna, ces hybrides d’épée et de fouet qui font partie intégrante de ses avant-bras. Cette arme sert tout autant à démembrer les adversaires de quinze façons différentes qu’à franchir des précipices, circonstances dans lesquelles les lames retrouvent leur nature de fouet. Trois autres armes légendaires permettront de varier les possibilités de tueries : le monumental marteau du barbare, la lance de la destinée et, lors de circonstances bien précises, la lame de l’Olympe. Armes et pouvoirs magiques peuvent être améliorés à de nombreuses reprises en y consacrant un certain montant de ce qui tient lieu de points d’expérience (les orbes rouges qu’on trouve dans les coffres ou qui s’échappent de chaque ennemi tué ; les bleus et les verts servant, comme toujours, à recharger la jauge d’énergie, et la jauge celle de magie). Quelques objets uniques ont tout de même fait leur apparition. Ainsi, l’amulette des moires permettra à Kratos de ralentir le temps (clin d’œil à Prince of Persia, son grand rival ?) ; les ailes d’Icare, de planer sur une courte distance et la Toison d’or, de «capter» un projectile pour le renvoyer ensuite à son expéditeur. Petit regret en ce qui concerne le bestiaire à abattre : hoplites zombies, minotaures, méduses ou sirènes sont toujours de la partie mais la sélection d’adversaires ordinaires n’a finalement guère été étoffée. En revanche, God of War II se distingue par un recours plus appuyé à la mythologie grecque, qu’on remarque surtout au niveau de la vingtaine de boss qu’on affronte avec régularité tout au long du jeu. On rencontrera ainsi – et parfois explorera de l’intérieur - les titans Atlas, Gaïa et Typhon, ainsi que Prométhée, toujours très occupé à être torturé par l’aigle de Zeus ; et on affrontera – et terrassera dans un déluge d’hémoglobine – Thésée, Persée et Icare, ainsi que diverses créatures jaillies de l’antiquité comme une Gorgone géante, un Cerbère ou le colosse de Rhodes animé grâce à l’ichor divin.
Techniquement, God of War II explose tout ce qui peut exister sur PS2 et le pire, c’est qu’on n'est même pas étonné. Tout ce qui a été dit au sujet du premier épisode reste valable pour cette suite : God of War II est une superproduction qui pousse la console dans ses derniers retranchements aux niveaux graphique et sonore. God of War offrait une telle majesté dans ses décors, une telle démesure dans les affrontements contre les monstres tenant lieu de boss, une telle fluidité dans les mouvements de Kratos et de ses adversaires, qu’il était difficile de voir comment un second épisode aurait pu surpasser ce qui existait déjà. Effectivement, avec sa réalisation graphique qui semble avoir eu le gigantisme comme unique mot d’ordre, la violence sauvage qui se dégage de chaque mouvement de Kratos, sa bande sonore digne des plus grands films hollywoodiens, ses bruitages qui en remettent une couche supplémentaire dans la boucherie, God of War II ne présente aucune amélioration notable par rapport à son prédécesseur… ce qui lui permet donc de s’imposer comme le jeu d’action le plus impressionnant de la PS2.
Plutôt que de répéter à satiété à quel point God of War II ridiculise par avance les prétentions de tout challenger potentiel, essayons de voir en quoi ce deuxième épisode parvient à se démarquer du premier. Hum... je réfléchis… je sens que ça va me revenir… mmhhh… Je l’ai sur le bout de la langue... Voyons, graphismes identiques, gameplay identique, ennemis identiques… hum… pfff, pas facile, hein ? … Attendez, ne partez pas, j’ai fini par dénicher quelque chose. God of War II est un peu plus rythmé que son prédécesseur. God of War premier du nom, tout fabuleux qu’il était, n’était pourtant pas exempt de certaines longueurs, spécialement dans l’immense palais soutenu par Chronos. Cette insignifiante petite faiblesse est aujourd’hui corrigée : God of War II est plus facile et table davantage sur l’action pure. La progression est également plus rythmée : les niveaux sont relativement courts, les lieux visités sont très nombreux et le jeu offre au moins une vingtaine de boss titanesques qu’on affrontera dans des duels inoubliables.
En bref : 18,5/20
Vous n’aimez pas quand un éditeur peu scrupuleux vous fourgue une suite qui ne change pas un pet du premier épisode ? Vous vous sentez floué et vous estimez qu’il faut être sans pitié vis-à-vis du contrevenant ? C’est que vous ne connaissez pas God of War II ! Si on excepte de nouveaux paysages à découvrir (puisque le récit de la descente en enfer de Kratos se poursuit), il se révèle un clone parfait du premier jeu. La réalisation est identique, le gameplay est identique, même les adversaires et les pouvoirs magiques sont restés grosso modo les mêmes. Et pourtant, tout comme le premier, ce second épisode fera date dans l’histoire de la PS2. À moins de vouer une haine irrépressible à la violence, à la mythologie grecque ou aux chauves, difficile de reprocher quoi que ce soit à un soft qui provoque une telle extase visuelle et une sensation de défoulement et de plaisir aussi intense. God of War II n’est peut-être qu’un “bête” Beat them all aussi basique que linéaire, mais c’est indiscutablement le meilleur dans sa catégorie.



Death Adder
Note attribuée : 10/10 , le samedi 29 mars 2008.