Emu Nova

Le projet Veda ?

Le projet Veda est une encyclopédie de tests de jeux vidéo collaborative : l'équipe du site teste avec l'aide des membres du site.
Le résultat est un formidable outil pour découvrir d'anciens jeux, remis au goût du jour ou méritant un détour.

Neverwinter Nights + SoU + HotU sur PC

Neverwinter Nights + SoU + HotU

Neverwinter Nights + SoU + HotU (PC)

  • Auteur du test : Hankroyd
  • Proposé le lundi 13 novembre 2006
  • Modifié le lundi 25 décembre 2006
  • Éditeur : Atari
  • Année : 2002
  • Genre : Role Playing Game (RPG)
  • Nombre de joueurs : 1
  • Note du testeur : 9/10
  • Note générale : 8.25/10

Test de Neverwinter Nights + SoU + HotU

Nuits de Padhiver

Bienvenue pour le test de la trilogie de Neverwinter Nights.

Petit rappel historique pour ceux ne connaissant pas la série : Neverwinter Nights d’Atari est sorti en France en 2002. Le jeu connaissant un grand succès, deux extensions lui ont été allouées : Shadow of Undrentide en 2003 et Hordes of the Underdark en 2004.

Neverwinter Nights est l’adaptation sur support informatique de ‘Donjons et Dragons 3.0’ utilisant le système D20.

Une partie commence donc par la création de votre héros. Quelle que soit votre manière de jouer, vous trouverez votre bonheur, les races et classes présentes dans l’édition papier de D&D sont toutes présentes et créer un nain barbare, un elfe magicien ou un humain paladin se fait en quelques clics. Après le choix de la race (parmi sept) et de la classe (parmi onze), on attribue des points à ses caractéristiques (Les capacités physiques et mentales de votre héros, ses compétences (Ce qu’il sait faire) et l’on choisit ses dons de départ (Ces capacités spéciales dépendant pour la plupart de sa race et sa classe), son alignement (Défendra-t-il toujours la veuve et l’orphelin, ne pensera-t-il qu’à son intérêt personnel, ou sera-t-il une ordure immonde ?), son apparence, sa voix, et voilà ! Et si le système D20 vous est totalement inconnu, une case ‘recommandé’ permet à l’ordinateur de vous créer un personnage équilibré. L’option ‘recommandé’ reste d’ailleurs présente tout au long du jeu lors de l’évolution du personnage, ce qui fait que celui qui veut juste suivre l’histoire et n’a pas envie de se prendre la tête avec les choix de dons et autres joyeusetés à chaque changement de niveau n’aura pas à le faire.

Nous voici maintenant prêts à nous lancer dans l’aventure !

L’interface de commande est relativement simple et quasiment tout se fait à la souris, même si des raccourcis clavier existent. Un clic gauche pour se déplacer, un clic droit sur un objet ou une personne pour ouvrir un menu contextuel montrant les interactions possibles. Une série d’icônes au-dessous de l’image de son héros permettant d’accéder à ses caractéristiques, son inventaire, ses sorts. Enfin une barre d’action rapide en bas de l’écran totalement personnalisable dans laquelle vous pouvez mettre sorts, compétences spéciales et objets magiques afin de les activer d’un simple clic sans passer par aucun menu et enfin la molette permet de régler la caméra.

Il suffit de quelques minutes pour comprendre comment tout cela marche et ceci de manière quasi-intuitive.

Notre héros est donc prêt à partir à l’aventure afin de gagner de l’expérience pour augmenter ses capacités, et c’est là que je dis ‘Chapeau bas, messieurs de Bioware’.

Comme dans tout jeu de rôle informatique, il y a une campagne officielle, plus ou moins passionnante selon les extensions mais nous y reviendrons plus tard. Mais on peut aussi jouer en ligne. Sans le moindre abonnement ou quoi que ce soit à payer en plus. Il existe ce que l’on appelle des ‘mondes persistants’ où votre personnage est libre de vivre sa vie. Ici, contrairement à Everquest 2, par exemple, le but n’est pas de taper à tout va, mais bien de jouer le rôle de son personnage. Ces mondes sont gérés par des joueurs particuliers (appelé Maîtres de jeu ou DM) qui comme en jeu de rôle sur papier récompensent les personnages de leurs actions et animent des quêtes.
Et enfin, si vous avez fait les campagnes officielles et que le mode de jeu en ligne ne vous convient pas, vous avez toujours la possibilité de télécharger des modules, soit payants (diffusés sur Internet par Bioware), soit gratuits car créés par les fans du jeu eux-même grâce à l’éditeur fourni avec le jeu. Et croyez-moi, certains modules gratuits n’ont rien, mais alors rien du tout à envier aux scénarios officiels.

D’ailleurs, en parlant de scénario officiel…

La campagne de Neverwinter Nights est décevante. Non pas que le scénario soit mauvais, non. C’est un scénario classique et moyen mais pas franchement mauvais en soi. Le problème vient du fait que l’on n'a pas le sentiment d’immersion que l’on pouvait espérer : durant toute la campagne (linéaire en plus), les interactions sociales sont très limitées. Les compétences comme la persuasion ne servant que dans trois où quatre cas précis. De même, pour vous aider lors de l’aventure, vous pourrez recruter un mercenaire, mais là aussi, alors que vous risquez votre vie ensemble, on ne sent aucun lien se créant. Bref, on a vraiment l’impression en jouant que nos possibilités d’actions sont limitées, et le côté linéaire de l’histoire et le manque de profondeur des personnages n’aident pas des masses.
Bref, on avance lentement mais sûrement, sans grande surprise, et c’est dommage. Un scénario du type de celui de Baldur’s Gate 1 ou 2 aurait été beaucoup plus digne de Neverwinter Nights.


Shadow of Undrentide

Techniquement Shadow of Undrentide apporte très peu au jeu de base : on découvre les classes de prestige (des classes que vous ne pouvez pas prendre de base, mais plus tard dans le jeu si vous remplissez certaines conditions). Au nombre de cinq, celles-ci privilégient surtout les voleurs et lanceurs de sorts au détriment des guerriers. La seule classe de prestige ‘guerrière’, le chevalier noir, n'étant réservée qu’aux guerriers mauvais.

Par contre au niveau campagne, la qualité est en hausse : cela commence bêtement par un vol d’artefact chez votre maître (Et devinez qui va devoir courir partout pour les retrouver ?) qui n’est que le prélude à une catastrophe plus grave encore.

Le défaut de la campagne de Neverwinter Nights est gommé, cette fois on a bel et bien le sentiment que les personnages ont une personnalité. On a aussi la présence de cinématiques absentes de la première campagne qui aide aussi au sentiment d’immersion.
Deux petits regrets toutefois sur cette campagne : elle est prévue pour un personnage de niveau 1 aussi. Donc, la faire avec votre héros de la première campagne la rendra bien trop simple. Deuxièmement, elle est courte, très courte, trop courte et s’achève de manière abrupte. Une ou deux heures d’histoire en plus n’auraient pas été de trop.


Hordes of the Underdark

C’est avec cette extension que le jeu prend toute sa saveur. Jouer sans, c’est vous priver de nombreuses possibilités.

Les héros jusqu’alors limités au niveau 20 peuvent désormais atteindre le niveau 40. La feuille de personnage s’étoffe de nouvelles compétences sociales et de nouvelles classes de prestige sont disponibles. Ajoutez à cela, de nouveaux décors et de nouveaux monstres ainsi que la possibilité de fabriquer vous-même votre propre équipement (capacité hélas très limitée). Et vous vous retrouverez avec un Neverwinter Nights transcendé !

Quant à la campagne de cette extension, elle est, et de loin, la meilleure de la trilogie. On débute avec un personnage de niveau 12 minimum (soit on joue avec celui d’une ancienne campagne, soit on peut en créer un de niveau 15 directement). L’aventure débute rapidement à Eauprofonde puis se poursuit dans l’Outreterre, où la guerre entre elfes noirs fait rage, pour finir dans un lieu encore plus inhospitalier encore.
Cette fois le sentiment d’immersion est bien là : vos alliés n’hésitent pas à discuter entre eux ou à vous adresser la parole si ils en ressentent le besoin, voire même à intervenir dans vos discutions avec d’autres personnages. De la même manière les personnages de cette campagne ont des personnalités charismatiques, les compétences sociales servent énormément et ne se limitent plus à la persuasion, mais aussi au bluff et à l’intimidation. L’aventure est longue, difficile et finit en apothéose. Bref, c’est du bon. L’essayer c’est l’adopter. Surtout qu'une fois le scénario fini, un petit résumé explique ce qu’il advient des différents protagonistes de l’histoire (un peu comme à la fin de l’extension de Baldur’s Gate 2 pour ceux qui connaissent), et c'est ma foi, fort agréable : C'est le genre de détail qui fait plaisir une fois le jeu fini.


In Bed With Neverwinter Nights

Graphismes : Les décors sont corrects mais répétitifs, les personnages par eux sont relativement anguleux.

Son : Les musiques sont belles, les bruitages excellents et les voix correctes. Rien à redire.

Animation : Tout bouge bien et les effets spéciaux sont réussis.

Difficulté : Plusieurs niveaux de difficulté sont sélectionnables pour le jeu en solo. Alors du très facile au très difficile. Tout le monde peut trouver son bonheur.

Richesse : On est vraiment dans l’univers de D&D. Certes les règles D20 ont été légèrement remaniées mais c'est pour que l’adaptation sur PC soit la meilleure possible.

Scénario : Une campagnes moyenne, une bonne et une excellente. Ce n’est pas du Baldur’s Gate mais c’est quand même honnête.

Ergonomie : Tout à la souris pour ceux qui veulent. Souris plus clavier pour les autres. Dans un cas comme dans l’autre, tout se fait simplement.

Longévité : Les campagnes solos plus le mode multijoueur plus les modules. Neverwinter Nights vous occupera pendant plusieurs mois (année ?) sans problème.

En bref : Je met à la trilogie 9 sur 10. En effet Neverwinter Nights tout seul offre un contenu trop limité de nos jours. C’est l’ajout des deux extensions qui lui donne toute sa dimension et sa profondeur (surtout en multijoueur). Si l’on peut préférer les Baldur’s Gate au niveau des campagnes proposées, Neverwinter Nights et ses extensions sont par contre au top au niveau du jeu en ligne et des scénarios jouables en solo disponibles sur le net.

Un jeu que les amateurs de jeu de rôle en général et de D&D en particulier peuvent essayer sans hésiter.

Également adapté sur Mac, Linux

Notes et commentaires des joueurs

Kenseiden

Je ne me prononcerai pas sur les add-on - apparemment de très bon niveau - que je n'ai jamais essayé, mais uniquement sur le jeu de base. Même si j'ai apprécié de pouvoir taillader le bestiaire AD&D en 3D pour la première fois, NeverWinter Nights reste quand même une semi-déception. Techniquement, le jeu n'est pas exceptionnel. Les sprites, humains ou pas, sont plutôt réussis ; certains sont même grandioses (les dragons pour ne pas les citer, mais un ogre qui charge a lui aussi de la gueule), mais les éléments utilisés pour élaborer les décors du jeu ne sont pas suffisamment nombreux pour contrer une certaine monotonie visuelle. On peine à voir des réelles différences entre les rues de Padhiver et celles de Luskan par exemple. Même remarque pour les zones sauvages standards. Quelques unes d'entre elles échappent heureusement à ce triste constat (le village de Bois-Roussi après "l'incident"...). C'est dommage quand on songe que la découverte d'architectures et de paysages variées et exotiques constituait un point fort dans les RPG plus classique. L'animation n'est pas mauvaise du tout, et on appréciera de voir son personnages alterner coups droits et d'estoc contre les créatures du Nord.
Il est temps d'aborder un autre point faible : la campagne solo. On dispose certes d'un nombre respectable de quêtes secondaires, mais la mission principale en elle même n'est pas vraiment passionnante. On se retrouve bêtement à quadriller des zones en lattant tout ce qui bouge pour récupérer un objet, et à reproduire ce schéma primitif tout au long des chapitres. Les dialogues, assez plats, ne rehaussent pas l'ambiance, ni les interactions entre les personnages, tristement limitées. Rien de pire que dans un RPG commun mais par rapport à un Baldur's Gate II ou un Planescape...hum...ça laisse à désirer !

Heureusement le multi, riche en possibilités, compense la relative médiocrité du mode solo. Là aussi, je vais putasser un peu, non pas sur le jeu web mais sur l'éditeur de campagnes, qui constituait l'argument massue de NVW. Cet éditeur n'est pas complètement abscon mais alors qu'on annonçait un truc totalement intuitif à la portée du premier quidam venu, on se retrouve avec un machin assez complexe qui nécessitera de longues heures d'apprentissage avant de pouvoir en tirer quelque chose de bon...

En résumé, NVW Nights a pour principal mérite d'avoir ouvert une nouvelle dimension au RPG et, si on se montre prêt à passer outre ses nombreuses imperfections, il y a tout de même moyen de bien prendre son pied. Mais pour moi, vu les attentes que j'avais, ce fut malgré tout une semi-déception. En espérant que le n°2 ne me fasse pas le même coup...!

Sigfrodi

Neverwinter Night est un bon jeu, mais pas le hit attendu, essentiellement à cause d'une quête principale somme toute assez fade. Très classique, linéaire, on attend quelques revirements qui ne viennet pas... Les combats à faible niveau sont d'ailleurs peu passionnants et on pestera après la stupidité du compagnon, à qui on ne peut même pas ordonner de fuir (et qui n'en aura pas l'idée)... Les data disks auront un scénario moins fade, notamment HotU (Horde of the Underdark). NWN reste un jeu d'un bon calibre, mais ceux qui attendaient un successeur à Baldur's Gate 2 seront déçus. N'ayant jamais joué en multi-joueur, la force de NWN pour moi vient finalement de la pléthore de modules qu'on peut télécharger. On trouvera ainsi des quêtes autrement plus passionnantes que le jeu original lui même. Parmi ces modules, citons par exemple le Batard de Kosigan ou encore Planescape, particulièrement réussis et qui apportent des éléments intéressants absents du jeu originel. Le site NWNVault regorge de petites merveilles.
Signalons que le jeu dispose d'un port sous Linux, ce qui reste bien trop rare. Outre un numéro de série valide, il faudra télécharger le binaire du jeu. Les ressources seront à recopier à partir des CD. La procédure d'installation reste peu ergonomique mais le jeu fonctionne très bien et l'initiative (malheureusement apparemment pas reconduite pour le second épisode) est extrêmement louable.

hinoto

j'ai eu la chair de poule plus d'une fois a cause de l'ambiance glauque du debut,les enigmes sont corsées et les mages galerent plus que les guerriers, mais c'est qu'est ce que c'est bon!

Bienvenue sur Emu Nova

Plus de 20 475 091 visites depuis le 12 octobre 2002 (ça en fait du monde qui joue).
Emu Nova est placé sous licence Creative Commons BY NC ND, profitez-en.
Graphismes par LeslyG, code par Oncle Tom.