Emu Nova

Le projet Veda ?

Le projet Veda est une encyclopédie de tests de jeux vidéo collaborative : l'équipe du site teste avec l'aide des membres du site.
Le résultat est un formidable outil pour découvrir d'anciens jeux, remis au goût du jour ou méritant un détour.

God of War sur PlayStation 2

God of War

God of War (PlayStation 2)

  • Auteur du test : Zebu
  • Proposé le vendredi 10 mars 2006
  • Modifié le lundi 29 mai 2006
  • Éditeur : Sony
  • Année : 2005
  • Genre : Action
  • Nombre de joueurs : 1
  • Note du testeur : 5/10
  • Note générale : 8.5/10

Test de God of War

Encensé par la presse, soutenu par un marketing agressif, God of War aura énormément fait parler de lui pendant l'été 2005. Présenté comme une grande fresque épique au scénario génial, révolution des jeux d'action, il donne l'air d'être un bon gros bloc bien croquant, que tout joueur d'action se doit de se mettre sous la dent. Malheureusement, le train est légèrement raté et le résultat bien plus nuancé.

Très globalement, le jeu est un cousin lointain de Soul Reaver au niveau de son déroulement. Il est principalement articulé entre des phases d'action et de combat très classiquement beat them all et des phases d'énigmes à résoudre, très souvent à base de leviers ou d'objets à pousser. Si le mélange est bienvenu et permet de briser la répétitivité généralement reprochée aux beat them all tels que Devil May Cry, Shinobi ou autres Rygar, il n'est pas à proprement parler très novateur et c'est d'ailleurs là où le bât blesse pour ce jeu.

Très vendu pour son côté agressif et violent, à grands renforts de qualificatifs dans les tests et de screenshots sanglants, le jeu ne ment pas sur ce point de vue-là. Les scènes de combat mettent en jeu un nombre intéressant d'adversaires qui sont relativement actifs et assez diversifiés, entre les soldats de base qui viennent attaquer au corps à corps, les archers à distance, mais aussi les créatures plus "monstrueuses" telles les gorgones et leur regard qui paralyse le joueur en cas de trop grande exposition ou les espèces d'ombres dotées de lames, qui possèdent le don de rentrer dans le sol pour en jaillir et frapper. A tout ceux-là, on peut rajouter les cyclopes qui remplissent très bien leur rôle de "gros et fort mais lent" et qui demanderont ainsi un peu d'agilité pour être défaits.

Pour se défendre, Kratos (le héros) aura à sa disposition un petit pannel d'armes et de sorts, chacun améliorable comme il se doit de nos jours. Les armes principales, sortes de lames enflammées attachées à des chaînes sont les plus développées, et malheureusement les plus intéressantes et de loin. Au fur et à mesure des mises à niveau, elles se voient dotées non seulement de plus de puissance, mais aussi d'un plus grand pannel de coups. Très spectaculaires, certains s'exécutent à grands renforts de giclées de flammes et de ralenti de l'action pour mettre celle-ci en valeur. Malheureusement, très rapidement on se rend compte que parmi la grande quantité de coups proposés, seuls deux ou trois se révèlent réellements efficaces suivant les circonstances, et on se retrouve à les enchaîner sans vraiment tenir compte des autres attaques disponibles.

La seconde arme, une énorme épée, tient elle plus du bâclage pour rentrer dans les canons du jeu d'action que d'une vraie arme intéressante et utilisable. Les animations sont bâclées, elle ne possède que très peu de coups, on se retrouve parfois à ne pas pouvoir frapper parce qu'on l'a sélectionnée (horreur hum) ou alors à changer automatiquement d'arme, comme le jeu ne gère pas l'épée lorsque l'on est accroché à un mur, par exemple. Bref, mieux vaut passer très rapidement dessus, tout comme ont eu l'air de l'avoir fait les concepteurs du jeu.

A côté de tout ça, on dispose de sorts utilitaires qui se trouvent être destructeurs dans certaines conditions suivant les sorts, de la tornade d'éclairs qui endommage les ennemis proches à la tête de Méduse, qui permet de paralyser un ennemi isolé. Toujours pratiques, ils permettent de donner un peu de variété aux combats.

Encensé aussi pour l'introduction de mises à morts, le jeu s'avère aussi au final pêcher légèrement par ce point. Même si l'idée de base est intéressante et rigolote, elle se retrouve rapidement à devenir lassante, s'opérant absolument toujours sur le même angle de caméra, l'ennemi achevé tournant sur le sol tout seul si nécessaire, et au final brise pas mal le rythme des combats, les autres ennemis spectatant simplement la scène, peut-être par frayeur, plutôt que d'intervenir et attaquer, et au lieu de dégager un sentiment de puissance quelconque, ces scènes introduisent plus un facteur mécanique et affreusement répétitif. Il faut aussi rajouter que tout ceci n'a rien de très novateur puisque le système existait déjà dans des jeux comme Soul Reaver, voire Legacy of Kain si on pousse un peu. Il n'y avait certes pas de manipulation de Parapa the Rapper pour les conclure mais l'idée existait déjà depuis longtemps et était bien mieux intégrée au jeu.

Les énigmes en elles-mêmes ont un petit côté sympathique, mais ne se démarquent pas vraiment de toutes celles très Tomb-Raideresques de la concurence ; on pousse des blocs jusqu'à des interrupteurs, on cherche un peu des clefs pour aller à la suite, parfois juste en se laissant guider par le fait qu'on se trouve dans un jeu vidéo. Certaines d'entre elles possèdent même un côté agaçant, à devoir pousser un bloc le long d'un plan incliné alors que des enemis respawnent à l'infini, obligeant à lâcher le bloc, les tuer, le rattraper alors que souvent il est retombé quasiement tout en bas. Ca donne effectivement une vraie difficulté à l'énigme, outre trouver ce qu'il faut faire, mais est par moments malvenu.

Techniquement et graphiquement, le jeu est très réussi assez incontestablement. Les décors sont variés, entre des intérieurs de temple, des extérieurs de ville, des déserts, un bateau et autres, et chacun est réalisé avec un soin notable. Quelques effets traînent par-ci par-là, employés assez judicieusement pour obtenir un bon rendu, rendu qui est accentué par l'utilisation de caméras fixes permettant une mise en scène très emphatique. On se souviendra facilement du "plan" où Kratos se dirige sur le pont vers le temple de la boite de Pandore, où la caméra suit un instant le personnage, puis recule pendant la traversée, le laissant devenir un point minuscule et montrant le gigantesque temple vers lequel on se dirige ; techniquement et visuellement, le travail est indéniable et méritoire.

Pour ce qui est du son et des musiques, le travail est là aussi des plus honnêtes. Les ennemis poussent leurs petits bruits signalant leur présence, les coups sonnent comme il faut et les bruits d'ambiance nécessaires aux situations sont bien présents. Les musiques elles rentrent dans les canons du genre, très épiques et volumineuses et ayant tendance à rappeler celles du film Gladiator ou d'autres du genre lorsque cela est nécessaire, ou plus orientales et mystérieuses lors des phases sans ennemis. Globalement, sans être hors du contexte du jeu bien qu'elles ne soient pas spécialement notifiables ou qu'il y ait un quelconque choix audacieux, elles remplissent efficacement et agréablement leur rôle.

L'histoire est par contre bien plus à la traîne. Introduction sous forme d'un voyage en bateau pendant lequel on apprend que Kratos a été élu par les dieux grecs antiques pour aller taper la gueule à Arès le dieu de la guerre, qui subitement à décidé de devenir méchant, emballé c'est pesé on va pas trop s'embêter. Pas de rebondissement notoire, le jeu consiste juste à chercher "le gros objet du coin" pour l'utiliser sur le vilain chahuteur, point. Sous un emballage de grand récit mythologique, on retrouve une histoire très classique et conventionnelle, sans grande surprise ni vrai charme particulier. Loin des scénarios de cape et d'épée emplis de loyautés contradictoires et brisées, ou de cowboys contenant des vengeances complexes, on a ici un mélange pauvre des deux choses ; le héros se rebelle contre son maître pour se venger, point barre. Pas trop de complexité ni d'ambiguité, on essaye juste de faire passer Kratos pour un méchant en disant de manière baclée qu'il a fait des choses terribles, et les autres personnages passent juste leur temps à le fuir en hurlant. On peut rajouter quelques petits artifices bouffons, comme les scènes de barbares statiques explosant du slime rouge ou alors l'effet de la boite de Pandore qui est à hurler de rire, mais bien malheureusement fait avec un sérieux et un premier degré inattaquable, qui fait regretter l'existence d'un tel scénario.

En bref, God of War se révèle être un jeu sympathique et qui offre une alternative hollywoodienne aux jeux d'actions japonais, mais qui malheureusement manque cruellement de petits détails novateurs et intéressants pour marquer vraiment quelque chose dans l'histoire des jeux vidéos. Malheureusement, ce manque de travail sur le gameplay n'est rattrapé que par le travail technique, mais extrêmement plombé par le reste, pour n'obtenir qu'un produit moyen qui se donne de grands airs de messie. Si la volonté est là, la réalisation ne suit pas, et ce jeu sera plus une petite passade pour le joueur de jeux d'actions et une vague introduction sans trop trop de saveur pour le néophyte. En espérant une suite où le côté marketing cèdera la place à un meilleur travail sur le côté "jeu" des mots jeux vidéos.

Notes et commentaires des joueurs

The Jedi

Tombé sur ce jeu par hasard dans un vide-grenier pour 10 malheureux euros, ayant eu connaissance de la réputation du jeu, je me suis laissé tenter.

Grand bien m'en a pris car ce mélange de beat them all ultra violent et d'aventure baignant dans une ambiance mythologique et épique m'a littéralement scotché. On aura rarement vu un jeu aussi beau et les commentaires du "making-off" sont à ce sujet très complets et instructifs.
Les séquences cinématiques sont pour leur part aussi très bien réalisées avec un effet de fresque 2D/3D vraiment réussi.

La maniabilité est plutôt bonne dans l'ensemble (on tombera rarement dans un trou), l'action n'est pas omniprésente car entrecoupée de nombreux puzzle et autres énigmes demandant un minimum de réflexion, la musique accompagne sans aucun problème l'aspect visuel et les ennemis (même si pas très variés au final) sont plus que bien animés.

Un jeu aux petits oignons, tellement apprécié qu'il a d'ailleurs une suite (sur PS2 également) et il y a fort à parier que Kratos devienne une de ses emblèmes du jeu vidéo au même titre que Solid Snake et Mario ;-)

Raw

God of War est un jeu clairement destiné à un publique adulte et c'est ce qui fait toute sa force, car il assume entièrement son statut.

Quel autre jeu commence par le suicide de son principal protagoniste ? Kratos est un personnage somptueusement torturé, et c'est en ça que God of War se rapproche de la tragédie grecque (toutes proportions gardées). Il est vrai que comparé au scénario de Soul Reaver c'est un peu faible, mais allez trouver un autre jeu avec un aussi bon scénario. Moi, je n'en vois aucun.

Personellement je suis d'avis que les fatalités apportent beaucoup au jeu, car elles cassent le rythme des combats pour permettre au joueur de se remmettre de leur intensité.

Toutefois, il est vrai que l'on sent le manque de temps qu'on eu les programmeurs de part certains aspects : la relative brieveté du soft, l'inutilité de cette mystérieuse épée...

Bon je pourrais encore ecrire des heures, mais c'est qu'un commentaire...

Kenseiden

Evidemment, à première vue, il ne s'agit que d'un simple beat them all (entrecoupé de séquences de plates-formes et de mécanismes à actionner parfois tortueux), mais l'emballage est tout simplement somptueux. Non seulement la réalisation est extraordinaire, mais l'atmosphère du jeu va bien au-delà de ce à quoi on s'attend pour un jeu de baffes. Violent, noir, parfois amoral, le parcours vengeur de Kratos n'est pas à mettre entre toutes les mains !

Il est vrai qu'on a parfois l'impression que le jeu aurait du être plus long et que les programmeurs l'ont raboté pour qu'il sorte dans les temps. Mais même avec ce léger sentiment d'inachèvement, God of War est probablement le beat them up le plus passionnant et le plus impérial de la PS2 !

Manqi

Ce beatm'all est tout simplement DIVIN , il est super dynamique et violant avec beaucoup de phase de plateforme et de reflexion donc ça ne reste pas seulement du bourrinage ,
les graphismes sont surement les meilleurs sur PS2 , la maniabilité est instinctif et on s'y fait tres rapidement et surtout c'est joussif , on coupe les ennemis avec violance et acharnement , on s'ammuse à les demembres grace aux QTE , bref pas de pause dans l'action . Le scenario par rapport aux autres beatm'all reste assez bon avec un heros des plus charismatique qui est en quelque sorte un anti-heros qui ne s'occupe que de lui et qui veut arriver à ses fins malgré tout le mal qu'il fait autour de lui . La durée de vie est tres respectable pour un jeu du genre. Les musique sont elle aussi tres convaincante et soutiennen bien l'action , le bruitage des armes est excellent ainsi que la retranscription de la violance qui est decrit par le son de la dechirure de la chair. Je pense que ce jeu est l'un des meilleur jeu de la PS2 et aussi l'un des plus violant .

Death Adder

Un des rares jeux q j'ai acheté pour ma PS2.Un régal technique,et un profondeur de jeu plutot bien réussi.Probablement un des plus beaux jeux sur PS2!

Neptune

Une claque ! Que dis-je ? Une raclée, une déculottée à tout ce qui se fait en matière de beat them all. L'action est abusément violente, bestiale, coriace et bordélique. Et on en redemande ! Cet énergumène de Kratos est un perso diablement fort, ses armes ont une allonge monumentale ce qui fait qu'on peut toucher énormément d'ennemis à la fois. L'ambiance apocalyptique et plongée dans la Grèce Antique laisse paraître une aura monstrueuse à ce titre qui déborde de fun. Pour le 2ème opus je veux un mode 2 joueurs ou j'fais un malheur !

Sebkos

God Of War est sans doute l'un des meilleurs jeux de la PS2! Graphiquement magnifique, une ambiance sonore vraiment prenante, de l'action non-stop, de superbes cinématiques renforçant un très bon scénar', bref rien à jeter! Un must-have!

Bienvenue sur Emu Nova

Plus de 19 455 909 visites depuis le 12 octobre 2002 (ça en fait du monde qui joue).
Emu Nova est placé sous licence Creative Commons BY NC ND, profitez-en.
Graphismes par LeslyG, code par Oncle Tom.