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Phoenix Wright : Ace Attorney sur Nintendo DS
Phoenix Wright : Ace Attorney
- Auteur du test : The Jedi
- Proposé le dimanche 8 janvier 2006
- Modifié le dimanche 8 janvier 2006
- Éditeur : Capcom
- Année : 2005
- Genre : Inclassable
- Nombre de joueurs : 1
- Note du testeur : /10
- Note générale : 8.88/10
Test de Phoenix Wright : Ace Attorney
C'est sous ce nom barbare mais tellement japonais qu'a débuté la série en... 2001... sur Game Boy Advance. On en apprend des choses. Souvent critiqué pour son recyclage de jeux, c'est pourtant le studio Capcom qui est à l'origine de ce cocktail détonnant et terriblement addictif. Dans ce test, aucune objection, c'est du tout bon !
Hold it !
Mais Phoenix Wright, c'est quoi ? Un RPG, un jeu d'aventure ou encore une affreuse adaptation de licence en jeu vidéo ? Non, rien de cela. Phoenix Wright c'est tout simplement le seul jeu d'avocat, à forte dominance d'aventure textuelle (et visuelle). Vous êtes avocat et vous devez innocenter vos clients, même si tout joue en leur défaveur. Les différents procès (5 au total dans cette version DS) se suivent chronologiquement et dans leur globalité : les liens entre les protagonistes évoluent. Phoenix Wright fait fort à ce niveau grâce à une richesse de la trame scénaristique, des personnages et de leur(s) histoire(s). C'est sans compter sur les moult rebondissements riches en montées d'adrénaline... le Game Over n'est jamais loin.
Le jeu en lui-même
Pour la première fois, la licence Gyakuten Saiban franchit les barrières du Japon pour débarquer ET aux Etats-Unis ET en Europe. Pour limiter les risques, Capcom a décidé de ressortir le premier volet sorti en 2001 sur GBA, de l'améliorer et d'y coller un cinquième procès totalement inédit et adapté à la console à deux écrans. La sauce prend et même les novices en Droit y trouveront leur compte grâce à la vingtaine d'heures de plaisir procuré par ce jeu atypique en son genre.
Souvent introduit à la manière d'une bande-dessinée, chaque procès vous plante le décor. Si le premier d'entre eux vous montre clairement le coupable, il n'en est rien des quatre suivants. A chaque fois, vous commencerez dans votre bureau d'avocat dans l'expectative d'un client car en effet les affaires ne vont pas si fort que ça. C'est l'occasion de discuter avec votre boss, une femme fort charmante et à la personnalité très développée ! Les dialogues se font à la manière des anciens jeux d'aventure des générations passées : plusieurs propositions (thèmes) s'affichent à l'écran, à vous de choisir ce vous souhaitez entendre en premier. Attention à bien tout lire : des détails même insignifiants pourront vous sauver la vie lors des procès.
Première phase : l'enquête
Un système de menu de déplacement, très simple également, vous permet de vous rendre sur les différents lieux clés du procès : prison, tribunal, poste de police, lieu du crime etc. La liste des lieux est sujette à changements car certains se débloquent lorsque vous découvrez des indices ou après avoir discuté avec des personnes. Car avant d'attaquer un procès, vous devrez vous-même procéder à la collecte des indices et questionner la police (et son inspecteur loufoque) afin de ne pas défendre votre client les mains vides.
L'enquête prend dès lors une dimension visuelle car en déplaçant votre curseur à l'écran, vous pourrez interagir avec les différents éléments : se déplacer dans une autre partie du lieu où vous vous situez, fouiller une bibliothèque, pousser des objets etc. Tous les indices sont vitaux car sans eux, ne comptez même pas gagner votre procès. Rassurez-vous toutefois, vous ne passerez à la phase de procès que lorsque vous aurez rempli toutes les conditions de la phase d'enquête.
Deuxième phase : le procès
Limitées à 3 jours, les phases de procès iront assouvir tous vos instincts de Columbo ou de Derrick en puissance, le plaisir en plus ! Un ou plusieurs témoins défilent à la barre et suivent une logique on ne peut plus simpliste.
Dans un premier temps, ils témoignent. Vous découvrez là une première fois leur version des faits. Des fois, de sérieuses contradictions vous sauteront à la figure, d'autres fois pas du tout.
Heureusement dans un second temps se déroule l'examen du témoignage : vous aurez tout loisir d'écouter chaque phrase du témoin, de revenir en arrière ou en avant selon vos besoins. Et à chaque fois, 2 solutions s'offrent à vous :
- la pression : vous demandez au témoin de préciser sa version des faits. Il arrive fréquemment que cette action révèle une contradiction de témoignage modifiant la déposition du témoin. Toutefois ça ne fait pas toujours l'affaire.
- l'objection : vous soutenez mordicus que le témoin raconte des salades. OK c'est bien mais là, il vous faudra justifier votre acte en vous munissant d'une preuve située dans votre inventaire, précieusement garni lors de la phase d'enquête. Si jamais la preuve est présentée au mauvais moment ou qu'elle n'est pas adéquate, vous serez sanctionné par le président du tribunal. Et au bout de 5 avertissements : Game Over. Il est facile de passer à côté d'une objection simplement en n'ayant pas une assez bonne connaissance des preuves en main et de la situation. Si le témoin jure avoir entendu la télévision alors qu'une preuve mentionne une coupure du courant, quelque chose cloche forcément. Le témoin ne pourra pas éternellement couvrir un mensonge par un autre mensonge. D'autres, plus vicieux, vous entraîneront volontairement dans des pièges où il vous sera difficile de vous extraire... sans en être impossibles malgré tout ;-)
Les situations désespérées seront monnaie courante. A première vue, vous aurez la sensation de ne pas pouvoir vous en sortir car tout dans le témoignage du témoin semble tenir la route. Sauf qu'il y a toujours quelque chose qui n'ira pas, même si ce n'est pas visible à première vue : des fois vous n'aurez aucune objection à faire, forcez le témoin à détailler au maximum pour trouver une faille. Et là de créer des retournements de situation très souvent hilarants, au même titre que les protagonistes de l'histoire, hauts en couleurs. Difficile en effet de ne pas s'y attacher, à eux et à leur passé. Imaginez quand même que vous irez jusqu'à sympathiser avec l'avocat de l'accusation et... travailler à 2 pour déclarer l'accusé coupable, c'est dire ! Charisme, humour et bonne humeur sont omniprésents ce qui ne fait qu'allonger la liste des qualités de ce jeu phénoménal.
Coupable
Phoenix Wright est coupable d'addiction car il est très très difficile d'abandonner un procès pour revenir à ses activités normales. Heureusement il est possible de sauvegarder à tout instant pour reprendre sa partie plus tard, non sans mal, l'attente du dénouement étant plus forte que tout.
Doté d'une prise en main enfantine, d'un premier procès / tutorial vous familiarisant avec le système et vous guidant pour vos premiers pas; avec une musique d'accompagnement excellente qu'on ne manquera pas de fredonner, avec un scénario plus que gonflé à bloc, avec un humour et des situations cocasses, avec une originalité hors-pair... que dire contre ce jeu ? Vraiment rien si ce n'est un troisième procès frôlant l'interminable (trop de rebondissements, c'est dire) mais palpitant malgré tout. Ses dessins très soignés et une utilisation intelligente des capacités de la DS (notamment dans le cinquième chapitre inédit) en font un jeu atypique méritant de figurer dans votre ludothèque : peu de gens ne succomberont pas sous le charme de cette simulation d'avocat hors du commun. Un quasi sans-faute.
Également adapté sur PC, Game Boy Advance
Notes et commentaires des joueurs
Hankroyd
Un jeu frolant la perfection. TOut est dit dans le test sur l'addicitivité de ce soft. Une partie commencé à 23h00 pour 'juste une heure' c'est terminé à 4h00 du mat'.
Maintenant, juste pour critiquer un peu, on peu reprocher la linéarité du jeu ... mais c'est vraiment pour justifier le fait que je n'ai pas mis 10.
HereZia
Comme Hankroyd le dit au dessus, on part pour quelque min de jeu et on se retrouve plusieurs après pris dans l'histoire et l'envie de résoudre cette affaire ! Du grand art tout simplement !
jbam2
c'est un bon jeu , mais gros reproche trop long les etapes entre chaque sauvegarde pas du tout adapter a une console portable :( mais sinon le jeu est excellent et exploite bien le stylet de la ds .
Death Adder
Interessant prenant et original.Cependant on reprochera quand meme une interactivité faiblarde dans l'enquete et une directivité du jeu qui laisse finalement peu de réelle investigation...Mais les enquetes sont passionnantes car les situations de retournement ne manquent pas, et rien n'est prévisible par avance.
Ti Dragon
Un jeu d'aventure très prenant (The Jedi, je te hais !) qu'on pourrait presque apparenter aux point'n click de l'époque. Je lui reprocherai des phases d'investigation peut-être un peu trop "dirigées" de manière à recueillir les indices nécessaires à la phase "tribunal" qui, en revanche, est un véritable couperet (car difficile parfois de comprendre quel preuve donner pour appuyer ou contredire les témoignages). On notera un humour omniprésent, des personnages attachants (même votre adversaire principal !) et des graphismes/musiques qui jettent le décor et l'ambiance.
Le dernier niveau est tout bonnement excellent et laisse présager de bonnes choses pour l'opus suivant.
A part ça, j'en ai marre d'entendre trop de "Hold it !". Mais bon...
NyOn
Ce jeu démontre à quel point le genre textuel peut être intéressant.
Quelque peu réticent à la base, j'ai immédiatement accroché le concept grâce à l'excellente mise en scène des procès.
Le fait de connaitre les pensées de Wright est une bonne idée puisque ça nous aide à mieux comprendre sa personnalité, ses raisonnements et nous implique encore davantage dans les différentes situations.
Il y a bien quelques incohérences ainsi qu'un manque d'intéractivité qui viennent obscurcir le tableau mais ces défauts restent mineurs au vu du reste.



GGScream
Note attribuée : 10/10 , le dimanche 9 avril 2006.