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La Megadrive / Genesis

Sommaire :

Le commencement

L'histoire de la Megadrive débute au tout début des années 1990, en 1988 pour être plus précis. Pour ceux qui n'ont pas connu cette période, il est important de se replacer dans le contexte.

La malchanceuse Master System

A cette époque, le marché des consoles de salon est outrageusement dominé par Nintendo qui se taille alors la part du lion, ne laissant que des miettes à ces concurrents. Selon les sondages de l'époque, 2 foyers américains sur 3 possédaient une NES. La raison de ce succès vient en grande partie du fait que Nintendo impose à quiconque souhaite publier un jeu sur leur machine la signature d'un contrat très strict qui interdit notamment le développement sur d'autres consoles. Grâce à cette clause, Nintendo tient sous sa coupe quasiment tous les éditeurs tiers, obligeant les fabricants concurrents à produire eux-mêmes les indispensables jeux sans lesquels une console est inutilisable

La première tentative de Sega avec la Master System est d'ailleurs passée absolument inaperçue au Japon comme aux États-Unis; seul un relatif succès en Europe et en Amérique du Sud a sauvé cette machine de l'échec.

Mais après 5 années de règne sans partage, la concurrence s'organise. Le premier constructeur à entrer dans la danse sera Nec et sa Pc Engine qui malheureusement ne fut pas un franc succès malgré ses qualités. Sega suivra quelques mois plus tard avec la Megadrive qui pointa le bout de son nez en septembre 1988 au Japon au prix de 21000¥ (150€).

Nettement plus ambitieuse que les autres prétendantes, la Megadrive représente une véritable avancée dans le domaine des consoles de salon. C'est en effet la première véritable console 16bits et ses performances sont comparables aux ordinateurs de l'époque tel que l' Amiga 500. Avec une telle machine, le portage des nombreux jeux d'arcade qui font les beaux jours de Sega pouvait se faire sans trop de sacrifices, contrairement à ce qui était le cas avec la NES et la Master System. Ce n'est pas pour rien que les 2 jeux disponibles au moment de la sortie japonaise de la console sont tous les deux des adaptations directes de bornes d'arcade à succès, à savoir Super Thunder Blade et Space Harrier 2. Plusieurs autres jeux suivront le même chemin, pelle mêle : Outrun, Moonwalker, Altered Beast, Hang On ou encore Ghouls 'n Ghost.

La Megadrive, ici dans sa version japonaise

Le premier gros éditeur tiers à développer sur la Megadrive fut le géant Namco, ce qui déplut fortement à Nintendo. La compagnie bénéficiait jusqu'à cette année d'un contrat privilégié avec Nintendo qui lui autorisait de nombreuses libertés comparé à d'autres éditeurs. Lorsque Nintendo apprit que Namco voulait développer sur Megadrive, ils exigèrent que le prochain contrat entre les 2 firmes incluse les classiques restrictions telles que l'exclusivité des titres créées pour la NES ou le paiement de royalties sur les ventes de cartouches. Namco refusa catégoriquement et à l'issue une dure bataille juridique la compagnie dû choisir son camp et ce fut, contre toute attente, celui de Sega.

A la conquête de l'Amérique

Le lancement officiel américain vit le changement de nom de la machine. Elle sera vendue sur le continent nord-américain sous le nom de Genesis, la marque "Megadrive" ayant déjà été déposée aux États Unis. La date de sortie fixée par Sega fut le 14 août 1989 dans les villes de New York et Los Angeles puis un mois plus tard dans tout le pays pour un prix de vente de 190$ avec une manette et un jeu inclus en bundle : Altered Beast.

Pour séduire le public américain, Sega s'appuya sur des campagnes  marketing particulièrement agressives avec des publicités prenant ouvertement pour cible Nintendo ainsi qu'un slogan choc : Genesis does what nintendon't. La marque répliquera sur le même registre avec des slogans du même acabit. Cette campagne de publicité marqua le premier acte de la guerre entre les 2 firmes qui n'auront de cesse de s'affronter par la suite.          

En plus des habituels jeux d'arcade, la 16bits de Sega se taillera une place au soleil sur ce marché dominé par Nintendo grâce à d'excellents jeux de simulation sportive, un genre très populaire aux Etats-Unis. Le principal artisan de cette réussite fut la compagnie américaine Electronics Arts dont la réputation n'était déjà plus à faire au pays de l'oncle Sam. Sa gamme de jeu de sport s'imposa sans grandes difficultés auprès des adolescents et des jeunes adultes qui n'ont jamais accroché à la NES du fait de ses jeux enfantins.

 

Dernière étape: le vieux continent

Pour finir, la console retrouva son nom originel pour son lancement européen, en 1990, soit un peu moins de 2 ans après le pays du soleil levant. Sega fit là aussi appel à un marketing fort et des spots TV à gros budget. Tout le monde se souvient des spectaculaires publicités pour Super Monaco GP ou Shinobi et du slogan choc: Sega, c'est plus fort que toi.

A l'opposé du Japon ou la Megadrive peine à s'imposer, l'Europe est une terre bénie pour Sega. Sa Master System y est déjà très bien implantée mais surtout Nintendo ayant toujours méprisé ce continent, la concurrence de la NES est ici bien moins forte. Contrairement à son rival, Sega appliquait à ses débuts une politique très tolérante sur l'import et les joueurs européens pouvaient très facilement jouer en avant première à des jeux sortis exclusivement aux Etats-Unis, la Megadrive n'incorporant aucune protection territoriale.

Un sucès en demi-teinte

Malgré ce départ fulgurant, Nintendo ne se laissa pas détrôner si facilement et plusieurs importants points noirs brident le succès de la 16bits de Sega. Si la Megadrive est le meilleur choix pour tout amateur d'arcade ne pouvant se payer l'élitiste Neo Geo (c'est-à-dire beaucoup de monde), ce type de jeux n'a pas le même impact sur une borne que sur une console de salon. La durée de vie en général faible, le coté répétitif et difficile de nombreux jeux furent fortement critiqués par le public.
A coté de ça, les jeux hors arcade ou simulation ne cassent pas des briques et exploitent particulièrement mal le potentiel de la machine. Ce n'est pas avec des titres comme Alien Storm ou Mystic Defender que Sega va écraser la NES dont la logithèque comporte à cette époque plusieurs centaines de jeux dont certains déjà légendaires, contre moins de 50 pour la Megadrive.

Autre erreur, et de loin le plus importante : contrairement à Nintendo, Sega n'a aucune mascotte représentative de la marque. Les précédents héros que sont Shinobi ou Alex Kid n'ayant pas d'univers ou de personnalité propre, et n'étant pas assez attachants pour tenir ce rôle, la Megadrive était vue comme une machine sans âme, avec une image assez floue.

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